22 septembre 20252 min de lectureUrbanité Verte
Rapport Rivaton : une ambition nécessaire, un équilibre fragile

Trois ans après son entrée en vigueur, la réglementation environnementale fait l’objet d’un examen critique : le rapport Rivaton. Sa question centrale tient en une phrase : les seuils fixés pour 2025, 2028 et 2031 sont-ils réellement atteignables sans bloquer la construction, ni rendre le logement inaccessible ?
Ce que disent les chiffres
- Un surcoût d’investissement estimé à +11 % d’ici 2031, avec un impact direct sur la production de logements
- Un déficit potentiel de 118 000 à 342 000 logements à l’horizon 2035
- En parallèle, un bénéfice évalué à 7,9 millions de tonnes de CO₂ évitées
Trois chiffres qui résument le dilemme : l’ambition climatique de la RE2020 produit des résultats mesurables, mais son coût interroge la capacité de la filière à suivre le rythme, et celle des ménages à se loger.
Quatre lignes de fracture
Au-delà des chiffres, ce sont les débats que le rapport soulève qui retiennent l’attention :
- La fiabilité et la complétude des données : la base INIES et le passage à la norme A2 demandent un effort massif d’actualisation
- La qualité d’usage : comment préserver confort, espaces et balcons tout en respectant des seuils carbone exigeants ?
- Le confort d’été : faut-il repenser l’indicateur actuel et mieux intégrer les solutions passives face à des étés toujours plus chauds ?
- Les indicateurs carbone : un « IC global » est-il une simplification utile ou un risque de dilution des efforts ?
23 recommandations, deux familles
Le rapport formule 23 recommandations. Certaines font consensus : refonte du moteur de calcul Th-BCE, clauses de revoyure régulières pour ajuster la trajectoire aux données réelles. D’autres divisent profondément : la place de la climatisation, un bonus carbone pour la qualité d’usage, ou encore l’arbitrage entre rénovation et construction neuve.
Nous consacrons un décryptage à chacun des débats les plus structurants : le rehaussement des seuils lié à la norme A2, la fusion des indicateurs en « IC global », le dilemme rénovation-reconstruction, et les leviers de décarbonation sans surcoût. Ensemble, ils dessinent la vraie question : comment concilier une ambition écologique forte et la réalité de la construction ?


