24 septembre 20251 min de lectureUrbanité Verte
RE2020 : ambition révisée ou simple ajustement technique ?

C’est la recommandation n° 1 du rapport Rivaton, et l’une des plus lourdes de conséquences : rehausser les seuils carbone de la RE2020 de 40 kgCO₂/m² pour compenser le passage à la norme A2.
Un constat technique incontestable
Le changement de méthodologie de calcul des données environnementales (norme EN 15804, passage de la version A1 à la version A2) augmente mécaniquement les bilans carbone des projets : sans qu’aucun matériau n’ait changé. Sans ajustement des seuils, de nombreux projets deviendraient soudainement non conformes du jour au lendemain. L’objectif affiché de la recommandation est donc défensif : préserver la faisabilité des opérations pendant la transition des données.
L’effet de bord : une trajectoire affaiblie
Mais l’effet est saisissant : en rehaussant les seuils, la trajectoire de décarbonation se retrouve affaiblie, et l’effort demandé à la filière entre 2025 et 2028 serait presque divisé par deux. Ce qui se présente comme une neutralisation comptable devient, dans les faits, un relâchement de l’ambition.
Le dilemme reste entier
- S’agit-il d’un ajustement pragmatique et temporaire, pour accompagner la transition des données environnementales ?
- Ou d’un premier pas vers un affaiblissement durable de l’ambition de la RE2020 ?
La concertation insiste sur un point : cette mesure ne peut être qu’exceptionnelle et provisoire, en attendant une base INIES plus complète et représentative. Toute la question est de savoir si le provisoire le restera. Dans l’épisode lié, nous décryptons les enjeux techniques et politiques de cette recommandation, et ses conséquences concrètes pour la filière.


